- Le goût de se laisser rabaisser, voler, tromper, exploiter pourrait être la pudeur d'un Dieu vivant parmi les hommes.
- L'amour d'un seul être est une chose barbare, car il s'exerce au détriment de tous les autres. L'amour de Dieu aussi.
- "Je l'ai fait", dit ma mémoire. "Je ne puis l'avoir fait", dit mon amour-propre, et il n'en démord pas. En fin de compte, c'est la mémoire qui cède.
- Celui qui se méprise se prise tout de même de se mépriser.
- Il est atroce de mourir de soif au milieu de la mer. Faut-il donc que vous saliez vos vérités au point qu'elles ne soient même plus bonnes à étancher la soif ?
- La femme apprend à haïr dans la mesure où elle désapprend de charmer.
- Maturité de l'homme : cela signifie avoir retrouvé le sérieux que l'on mettait dans ses jeux, enfant.
- Cela, un grand homme ? Je ne vois jamais que le comédien de son propre idéal.
- Nous nous faisons tous plus naïfs à nos propres yeux que nous ne le sommes : cela nous repose de nos contemporains.
- Ce n'est pas leur charité, mais la faiblesse de leur charité qui retient les chrétiens d'aujourd'hui de nous brûler.
- Bien souvent le criminel n'est pas à la hauteur de son acte : il le diminue et le dénigre.
- Les avocats d'un malfaiteur sont rarement assez artistes pour tourner à l'avantage de leur client la belle horreur de son acte.
- Quand l'amour ou la haine ne sont pas de la partie, la femme est médiocre joueuse.
- Un peuple est le détour que prend la nature pour produire six ou sept grands hommes - et ensuite pour s'en dispenser.
- Les poètes n'ont pas de pudeur à l'égard de leurs sentiments : ils les exploitent.
- On refuse de croire aux sottises des hommes intelligents : quelle entorse aux droits de l'homme !
Nietzsche, "Maximes et Interludes", extraits de Par-delà bien et mal.
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